Marc Rolland, « Épouser la Déesse »: essais sur la femme, le surnaturel et l'hyperbole, Düren, Shaker Verlag, 302 p.

Partant de la « Rencontre avec la fée », de Mélusine à la Belle Dame sans Merci jusqu’à Luthien Tinuviel, l’auteur s’interroge sur la place de la femme « surnaturelle » (déesse, fée, fantôme, elfe) dans des narrations où elle est confrontée à un homme mortel, autrement dit, lors de la confusion de deux plans d’existence que les traditions religieuses entendent maintenir séparées. Ces rencontres obéissent d’ailleurs à un modus operandi constant. L’extension de cette thématique à des mortelles élevées hyperboliquement au rang de personnages surnaturels traduit-elle nécessairement une réification de la femme ou bien plutôt le désir de lui épargner le processus de déclin et de destruction propre aux mortels ? Peut-on parler d’une « métaphysique de la Déesse » ou d’une sacralisation de la beauté, promue au rang de Bien absolu ? Choisissant des exemples dans la littérature d’imagination de plusieurs langues, allant de l’Europe à l’Inde, l’auteur distingue en sourdine une sensibilité anglo-saxonne qui aspire à la fusion ou à l’association heureuse (« épouser la déesse ») et un courant plus pessimiste, européen, qui voit dans la conjugalité un abaissement de l’idéal et n’envisage aucune issue hormis celle, tragique, qui renvoie au mythe tristanien.

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Jacqueline Bel & Till R. Kuhnle (dir.), Dissidences politiques, littéraires et artistiques, Les cahiers du Littoral I, N° 22, Düren, Shaker Verlag, 2021, 330 p.

Dans son essai l’Homme révolté publié en 1951, Albert Camus marque sa dissidence face à l’existentialisme sartrien, qui s’est rallié à la cause communiste, et ainsi face aux dogmatismes de tout ordre.

Même si la conceptualisation de la dissidence remonte avant tout au XXe siècle, le terme par lui-même décrit depuis sa création dérivée du mot latin dissidentia (« opposition, désaccord ») au XVIe siècle, donc depuis la première modernité, des différentes pratiques contestataires, d’abord surtout dans le domaine de la religion…

 
 

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Jean-Philippe Priotti (textes réunis par), Ports, villes-frontières, circulations transatlantiques et identités (XVIIIe-XIXe siècles), Revue du Nord, t. 103, n° 439, avril-juin 2021.

Ports, villes-frontière, circulations transatlantiques et identités (XVIIIe-XIXe siècles)

Témoins de l’enthousiasme de certains doctorants (R. Leclercq, G. Lescop, G. Pruvost) pour les villes et ports de la Côte d’Opale qu’ils habitent, et d’enseignants-chercheurs que la recherche y a conduit, ces travaux, complémentaires, obéissent à une même démarche. Pour rendre compte des phénomènes globaux, ils envisagent les acteurs locaux et leur rapport aux entités urbaines comme moteurs des circulations internationales, et s’attachent à considérer le concept de réseaux comme outil nécessaire à une meilleure compréhension des circulations évoquées. Cet angle de vue ne prône aucunement une mise à l’écart des échelles nationales et internationale ; au contraire, il souligne à partir du local la richesse d’une approche pluriscalaire.  

Les textes du dossier concernent des ports et des villes d’une zone frontière nord-ouest de la France, allant de Boulogne-sur-Mer à Saint-Omer et à Dunkerque, à la fois têtes de pont d’expansion et lieux transgressés. Chacun à sa manière soulève la même question : Comment cette frange littorale profonde participe-t-elle aux processus de mondialisation économique et culturelle entre le XVIIIe et le XIXe siècle ? Interrogation fondamentale tant la place de ces villes et ports au niveau national dépend étroitement de leur capacité à s’insérer et à tirer profit des flux transnationaux.

Grace Baillet (éd.), Sur les traces du voyageur-écrivain : témoignages croisés d'une histoire, Düren, Shaker Verlag, 2021, 260 p.

Issu des rencontres jeunes chercheurs qui se sont tenues à l’ULCO, cet ouvrage se veut un espace de réflexion sur l’écriture du voyage autour de deux figures du voyageur : l’écrivain-voyageur et le voyageur-écrivain. En prenant en compte cette distinction ainsi que la multiformité des témoignages au cours des siècles, il vise à appréhender les motivations qui poussent les voyageurs à écrire, le conditionnement de leur écriture, et la place qu’ils occupent dans leurs écrits à travers la reconstitution de leur voyage. La première partie réunit les contributions évaluant l’intérêt des informations dispensées dans les récits de voyage, jugeant leur validité en tant que source historique et appréhendant la culture de l’autre au moyen d’un système de représentation. Elle est complétée, dans la seconde partie, par les articles centrés sur les portraits de voyageurs, sur leur écriture lors de leurs pérégrinations, réelles ou fictives, et sur la portée symbolique de leur voyage. Ils mesurent également le changement de perception pouvant exister dans le processus d’écriture et parfois rendent compte d’une oscillation d’un auteur entre ces deux figures, au cours d’un même voyage.

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Christian Borde & Éric Roulet (éd.), Les actes de sociétés. XVIe-XXIe siècles, Coll. Les sources de l’histoire maritime, 3, Düren, Shaker Verlag, 2021, 220 p.

Les actes de sociétés sont les documents qui fondent juridiquement une entreprise. Le but de cet ouvrage réalisé par des enseignants-chercheurs, jeunes chercheurs et conservateurs de musées, est de présenter un premier choix de textes significatifs issus des archives et des ouvrages imprimés qui témoignent de la diversité des acteurs et des activités maritimes.

La collection « Les sources de l’histoire maritime » se consacre à l’étude et à l’analyse d’un type de source spécifique à l’entreprise maritime. Elle présente les fonds documentaires, l’originalité des sources et leur apport pour les historiens. Elle propose des textes et documents inédits tirés des archives, et s’adresse aux étudiants d’histoire, de SHS et de droit, et aux jeunes chercheurs.

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Purgatoire, trad. en français de Purgatorio de Raúl Zurita par Laëtitia Boussard et Benoît Santini, Paris, éditions Caractères, édition bilingue, 2021, 129 p.

Raúl Zurita (1950), poète chilien multiprimé et internationalement reconnu, publie Purgatorio, recueil renouvelant en profondeur la création poétique, en 1979, en pleine dictature de Pinochet. La présence de vaches perdues dans la logique, d’aires vertes, d’un désert d’Atacama bleuté, déconcerte le lecteur. Le lecteur découvre un sujet lyrique scindé dans nombre de poèmes et un référent géographique chilien – le désert – doté d’une dimension onirique et fantasmagorique. S’entremêlent également poèmes brefs, construits autour de démonstrations logiques et de la théorie des ensembles, et documents visuels, avant que ne s’achève le recueil par « La vida nueva », série d’encéphalogrammes assortis de vers qui leur sont superposés et dont le titre est inspiré de Dante Alighieri tout comme celui du recueil. Entre les différentes sections de Purgatorio font irruption d’autres documents antipoétiques, rappelant au lecteur que la poésie ne se réduit pas aux vers et aux strophes : le parcours littéraire de Zurita fait s’entrecroiser impact visuel, création langagière et pluralité des supports.

 
Lise Demeyer, Xavier Escudero & Isabelle Pouzet Michel (dir.), Le flamenco dans tous ses états : de la scène à la page, du pas à l’image, Düren, Shaker Verlag, 2021, 434 p.

Cet ouvrage, réunissant vingt textes de spécialistes, chercheurs et artistes, est la démonstration que le flamenco est rentré résolument dans le champ des études universitaires et investit un territoire scientifique riche et varié. Les différents contributeurs nous invitent à constater que le flamenco est un objet culturel complexe et que son traitement est multiple : dans la danse et le ballet, en littérature, au théâtre, au cinéma et en peinture, dans la photographie et la chanson, en anthropologie, en philosophie. Le flamenco se prête à la didactique et à la traduction. Il se définit par l’hybridité des temps inscrite dans la plasticité du corps où se dessine une démarche archéologique de la gestuelle. Il est paysage sonore et va avec le duende, acmé de la danse flamenca, élan, impulsion, souffle. Le flamenco est chant, chanson, silence, texte, image, mouvement, essai, recherche, création, performance, expérimentation, engagement total, dans la double dimension, individuelle et collective, de ses aficionados. Il est art de résistance, de dépassement et d’ouverture.

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Paul Salamona & Claire Soussen (dir.), Les juifs, une tache aveugle dans le récit national, Paris, Albin Michel, 2021, 304 p.

Présents dès l’Empire romain sur le territoire de la France actuelle, les juifs sont le plus souvent relégués dans un angle mort de l’historiographie, et cette « tache aveugle » dans le récit national est particulièrement manifeste dans les manuels scolaires, de la IIIe République à nos jours. 
Pourquoi les expulsions médiévales ne sont-elles jamais mentionnées à partir de l’époque moderne ? Et, lorsqu’on évoque les juifs dans l’histoire de France, pourquoi est-ce le plus souvent sous l’angle des persécutions qu’ils eurent à subir et non de l’originalité de leurs contributions ? En quoi l’écriture actuelle de cette histoire est-elle encore tributaire de modèles archaïques ? Comment l’aborder dans l’enseignement secondaire et universitaire ? Quelles perspectives l’archéologie ouvre-t-elle ? Quel rôle les musées peuvent-ils jouer ? Archéologues, historiens, sociologues, conservateurs et enseignants réunis au musée d’art et d’histoire du Judaïsme en 2019 éclairent ces questions qui renvoient également à la place des minorités dans la nation.

Paul Cormier, Xavier Gilly et Michaël Girardin (dir.), Construire la légitimité politique de l’Antiquité à nos jours, Travaux du Centre d’études supérieures de la Renaissance, 6, Paris, Classiques Garnier, 2021, 398 p.

De la Grèce antique jusqu’à l’Amérique de Donald Trump ou à la France d’Emmanuel Macron, cet ouvrage collectif explore la boîte à outil des dominants en quête de légitimité. Qu’ils soient dans une phase de conquête du pouvoir, à l’apogée de leur domination ou encore en période de déclin, tous les gouvernants cherchent à paraître légitimes en s’appropriant un panel de mesures, de discours et de dispositifs qui évoquent les attentes de leur société et de leur temps. La comparaison d’études de cas diversifiées permet de mettre en évidence des continuités historiques fortes, mais aussi de révéler que la légitimation, c’est-à-dire ce processus visant à construire la légitimité politique, reste toujours une expérimentation et une prise de risque.