Dans une conférence dispensée en 1967, Michel Foucault propose de définir des espaces différents de tous les autres lieux, qu’il nomme « hétérotopies » : contrairement aux utopies, qui sont des « emplacements sans lieu réel », les hétérotopies sont des lieux effectifs, des « sortes d’utopies effectivement réalisées dans lesquelles tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés, des sortes de lieux qui sont hors de tous les lieux, bien que pourtant ils soient effectivement localisables ». Le dernier exemple qu’il donne, en guise de conclusion, est celui de l’espace défini par le navire : « si l’on songe, après tout, que le bateau, c’est un morceau flottant d’espace, un lieu sans lieu, qui vit par lui-même, qui est fermé sur soi et qui est livré en même temps à l’infini de la mer et qui, de port en port, de bordée en bordée, de maison close en maison close, va jusqu’aux colonies chercher ce qu’elles recèlent de plus précieux en leurs jardins, vous comprenez pourquoi le bateau a été pour notre civilisation, depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours, à la fois, non seulement bien sûr le plus grand instrument de développement économique […], mais la plus grande réserve d’imagination. Le navire, c’est l’hétérotopie par excellence. Dans les civilisations sans bateau, les rêves se tarissent, l’espionnage y remplace l’aventure, et la police, les corsaires. »

 

Les propositions de communications, d’environ 500 mots et accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer aux organisateurs avant le 12 février 2023 :

Julie Gay,  julie.gay@univ-littoral.fr,

Marie-Agathe Tilliette, marie-agathe.tilliette@univ-littoral.fr.

Le culte d’Isis est introduit en Campanie, puis à Rome dès le IIe siècle avant J.-C. et c’est à partir de l’Italie qu’il se propage ensuite en Gaule. La fermeture du temple d’Isis à Philae, vers 535 de notre ère, marque la disparition officielle du culte dans le monde méditerranéen, mais la mémoire d’Isis et des divinités de sa « famille » – parmi lesquelles on compte notamment Osiris, Sérapis et Harpocrate, mais aussi Anubis, Apis et Bubastis – perdure au fil des siècles et est constamment renouvelée jusqu’à l’époque moderne. Si des recherches ont déjà été menées sur la réception de la figure d’Isis et de sa gens, les réécritures de leur légende aux derniers siècles du Moyen Âge et à la Renaissance, sur lesquelles nous souhaitons concentrer notre investigation, n’ont jamais bénéficié d’une étude spécifique. Dans le cadre de cette journée qui croisera les approches de l’histoire des textes et de l’histoire de l’art, il s’agira d’examiner aussi bien la réception des traditions gréco-latines que la création de mythologies nouvelles autour de la figure d’Isis et des divinités du cercle isiaque, en France et en Italie.

 

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer aux organisateurs avant le 31 janvier 2023 :

Elena Koroleva, elena.koroleva@univ-littoral.fr,

Jean-Louis Podvin, jean-louis.podvin@univ-littoral.fr

Le 25 avril 1550, jour de la Saint-Marc, le roi Henri II de France fait son entrée solennelle dans la cité de Boulogne-sur-Mer rachetée aux Anglais après six ans d’occupation. L’événement, salué par la littérature et la musique, marque le passage de la ville à l’ère moderne : nouvelle charte de commune, rénovation du coutumier boulonnais, création d’un présidial, ouverture de nouveaux documents comptables et de registres paroissiaux, transformations urbaines et architecturales. Organisée conjointement par l’Université Littoral Côte d’Opale et le Cercle d’Études en Pays Boulonnais avec le soutien de la municipalité, la présente manifestation scientifique visera à éclairer d’un jour nouveau cette étape décisive de l’histoire du Boulonnais et à la situer plus largement dans son contexte politique régional, national et international. Le champ d’investigation comprendra la sénéchaussée de Boulogne ainsi que ses champs relationnels, et s’étendra de 1532 à 1568. Le colloque, ouvert à un large public, permettra en outre de mettre en valeur le riche fonds de manuscrits et d’incunables de la Bibliothèque des Annonciades de même que les documents archivistiques et les objets archéologiques conservés depuis cinq siècles par la ville de Boulogne.

 

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer aux organisateurs avant le 10 septembre 2022 :

Jean Devaux, Jean.Devaux@univ-littoral.fr

Isabelle Clauzel, iclauzelCEPB@gmail.com