Patrick Villiers, Les Saint-Philippe et les vaisseaux de 1er rang de Louis XIII à Louis XIV, Nice, ANCRE, 2019, 184 p.

Ils s’appelaient Sovereign of the Seas, Couronne, Vasa, Soleil Royal, Breverode, Seven Provinciën, Royal Prince, Fier, Saint-Philippe ou Pompeux, etc… Appelés vaisseaux hors rang, ou vaisseau de 1er rang ou de 2e rang selon les périodes, armés de 70 à 110 canons, ils étaient destinés à commander les escadres ou les flottes…

S’appuyant sur une iconographie souvent inédite venant des plus grands musées d’Europe et sur des archives originales, Patrick Villiers, professeur émérite des universités en histoire maritime, 5 fois lauréats de l’Académie de Marine, nous propose une relecture des affrontements maritimes entre la France, la Grande Bretagne, les Pays-Bas et l’Espagne des années 1630 aux traités d’Utrecht, commentant aussi bien l’architecture navale que les rôles d’équipage, les batailles navales comme la fonte des canons de fer de 24 puis de 36, à travers le prisme de ces merveilleux vaisseaux amiraux.

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Julie Michot, Fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock : sortir du cadre, Dijon, EUD, 2019, 111 pp.

En 1954, Hitchcock jouit d’une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Fenêtre sur cour est tourné en un lieu unique et le réalisateur confirme son inventivité en matière de montage ou d’utilisation de la musique. L’intrigue a une dimension subversive, le spectateur se trouvant dans la position du héros-voyeur ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue avec leurs sentiments. Il contourne aussi la censure, l’épilogue n’étant qu’une façade, au même titre que les murs en briques du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l’appartement de Jeff dès l’ouverture, cet essai étudie ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste et montre combien il peut être envisagé comme une synthèse de toute son œuvre.

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Li Ma, La Chine et la Grande Guerre, CNRS Éditions, 2019, 360 p.

À l’été 1914, l’Europe s’embrase, et la Chine se pare d’une neutralité de façade. Alors que la dynastie Qing vient d’être écartée, en 1912, la jeune République sait l’importance de son vivier humain et les contreparties politiques qu’elle peut en tirer. Avec l’espoir de compter parmi les vainqueurs, l’ancien Empire s’engage aux côtés des Alliés et envoie des centaines de milliers de travailleurs chinois en France et en Russie à partir de 1915 pour accomplir, derrière les lignes, les tâches les plus pénibles.

En confrontant pour la première fois des sources et des témoignages chinois, français, anglais et japonais, Li Ma ne se contente pas de raconter l’odyssée mondiale de ces ouvriers. Elle dresse le portrait de la Chine de 14-18, et éclaire dans le détail ses relations avec les belligérants. Elle analyse les conséquences intérieures du conflit jusqu’au traité de Versailles à l’origine du Mouvement du 4 mai 1919 considéré depuis comme l’acte de naissance de la modernité chinoise.

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Jean-Louis Podvin & Éric Roulet (éd.), Des forts et des ports. Hommages à Joëlle Napoli, Aachen, Shaker Verlag, 2019, 351 p.

Joëlle Napoli a été une figure incontournable du département d’histoire de l’ULCO où elle a effectué toute sa carrière universitaire comme maître de conférences puis professeur d’histoire ancienne. Spécialiste des fortifications, elle a consacré à cette thématique sa thèse de doctorat et son HDR. À l’ULCO, elle a orienté ses recherches sur les espaces maritimes et littoraux. Ce sont ces deux thématiques qui sont suivies, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, dans ce livre d’hommages que lui dédient 19 collègues, amis et anciens doctorants.

Christian Borde, Éric Roulet (éd.), Les caractères spécifiques de l’entreprise maritime dans le monde occidental du Moyen Âge à nos jours, Aachen, Shaker Verlag, 2019, 274 p.

La notion d’entreprise telle qu’elle est pensée au XVIIe siècle recouvre tout le champ de l’action, en particulier dans les domaines guerrier, militaire ou naval. Il y a ainsi des entreprises maritimes. Elles sont pensées et menées comme différentes des entreprises terrestres puisqu’il existe, dès l’origine, des contraintes et un ensemble de règles et de pratiques différentes à terre et en mer.

L’entreprise maritime a bien une spécificité dans le monde occidental du Moyen Âge à nos jours, qui est marquée par son rapport au risque, à l’État et au monde.

Benoît Santini (dir.), Fronteras, límites, intercambios en la obra de Raúl Zurita: un viaje por los meandros de la creación poética, Toulouse, Presses Universitaires du Midi, coll. “Hespérides”, décembre 2019, 348 p.

Cet ouvrage collectif contient vingt articles de spécialistes de l’œuvre de Zurita. Ils se répartissent au fil de six chapitres : “Neruda-Zurita: fronteras poéticas”, “Diálogos artísticos”, “Espacios y paisajes”, “En las fronteras del lenguaje y del discurso poético”, “Del antetexto al intertexto”, “La creación zuritiana frente a la Historia”. Assorti d’une introduction, d’une conclusion-bilan et d’une bibliographie, ce volume démontre la volonté de rupture des frontières entreprise par Raúl Zurita